UN DRAKKAR, C'EST QUOI ?

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Le Drakkar est ce qui symbolise le plus les Vikings  : sans Drakkar pas de Viking et pas de Normandie.

Les Vikings sont inséparables de leurs bateaux qui ont été le plus bel outil de leur expansion source de richesse et de gloire.

Le Drakkar était un compromis entre les bateaux à Voile et les bateaux à rames.

Les Vikings maitrisaient parfaitement l’art de la navigation et le Drakkar a été leur arme absolue. Les Vikings ne disaient pas : « Je pars sur mon bateau » mais: « Je pars sur mon dragon ».

La figure de proue avait un rôle magique. Les Vikings croyaient aux génies des lieux, des créatures surnaturelles régnant sur un territoire, un fleuve, un rivage. 

Leurs dragons avaient pour fonction d'effrayer les esprits et d'impressionner les populations locales. 

L’apparition d’une tête de Dragon sur des Drakkars, associée au récit des survivants faisait une forte impression sur les populations attaquées par les Vikings qui sont les premiers à pratiquer la guerre psychologique.

Grâce à leurs Drakkars, qui sont un des outils les plus aboutis à l’époque pour naviguer, ils vont se tourner vers la mer, afin de commercer avec les autres peuples d’Europe jusqu’en Orient pour échanger leurs productions de fourrures, de textiles, de cordes, d’ivoire et de poissons contre de la soie, du sel, des épices et des bijoux.

Les Vikings développèrent des concepts et des techniques de construction qui permettaient aux bateaux d’être non seulement très rapides, mais aussi capables de naviguer en eau peu profonde et d’échouer presque partout où bon leur semblait.

Les ports n’étant plus nécessaires, il était dès lors, plus facile d’explorer et de coloniser de nouvelles terres, ainsi que d’attaquer ou de commercer avec les petits villages côtiers ou le long des voies fluviales.

Ils équipèrent leurs bateaux à voile de rames, pour s’affranchir des vents défavorables.

C’était là, un avantage majeur lors des manœuvres en rivières étroites, durant les batailles navales et aussi pour s’enfuir précipitamment, si besoin.

Un Drakkar mesurait 23,3 m de long pour 5,25 m de hauteur, pour un poids de 9 tonnes avec un mât de 10 à 13 m de haut. 

Des répliques modernes de Drakkar permettent de penser que la vitesse des Drakkars était de 10 nœuds et qu’ils pouvaient faire 200 km en 24 heures.

Le bateau viking est un bâtiment bordé à clin qui était un mode de construction assez rudimentaire.

Pour construire un Drakkar, il fallait juste un emplacement dégagé, dominant une rivière navigable, près d'une forêt de pins et de chênes.

Quand la coque était achevée, on la poussait à l'eau sur des rondins. Une fois à quai, on mettait en place l'accastillage.

Les essences de bois utilisées étaient celles que l'on trouvait dans les forêts scandinaves: le chêne au Danemark, le pin en Norvège, la coque était souvent en frêne.

Sapins, bouleaux, érables et tilleuls fournissaient, la matière première pour l'accastillage.

Des rivets, souvent en fer, servaient à maintenir l'ensemble.

La voile était en feutre ou en laine; sur les navires de prestige, en lin. Il était nécessaire, pour réaliser ces 90 m carrés de voile, d’avoir sous la main un troupeau d’environ deux cents moutons.

Construire un Drakkar au XX éme siècle avec des techniques similaires, représente une charge de travail de 27.000 heures, 150 mètres cubes de bois, 7 mois de chantier outre 13000 heures pour forger les clous, tresser les cordages, tisser et coudre la voile.

A travers ces chiffres, on découvre que la construction d’un Drakkar était coûteuse et nécessitait des moyens que seuls les Chefs Vikings avaient à leur disposition.

La durée de vie des Drakkars n’était pas très longue, ils pouvaient en cas d’usage intensif finir à la casse rapidement.

La proue pouvait être sculptée pour inspirer de la crainte aux bateaux croisés.

Un Drakkar pouvait emmener de 40 à 60 hommes.

Facile à manœuvrer à la voile ou à la rame, ces bateaux pouvaient facilement s’échouer sur des plages ou remonter des cours d’eau du fait de leur faible tirant d’eau (0,95 m).

En haute mer, de par sa forme et les matériaux utilisés, le Drakkar n’affronte pas la lame, il l’épouse et se plie aux sollicitations de la mer, comme un serpent, voire un dragon qui nage.

En fait, la carène élastique offrait deux atouts : une meilleure résistance aux efforts de flexion dans la houle, et une meilleure disposition hydrodynamique.

La coque peu rigide suivait et secondait en quelque sorte la sollicitation de l'eau et, de ce fait, prenait aisément un surprenant surcroît de vitesse.

La légèreté du Drakkar permettait de le sortir de l’eau d’un fleuve, de le faire rouler sur des rondins, autant que nécessaire, pour franchir un obstacle d’une vallée à l’autre.

Le mât des Drakkars s'abaissait facilement, pour diminuer la résistance au vent et obtenir une plus grande stabilité quand l'embarcation était propulsée à la rame ou pour éviter de se faire repérer avant une attaque surprise.

En pleine mer, les Vikings se servaient habituellement des voiles, et utilisaient les rames sur les cours d'eau ou les criques.

La combinaison de voiles et de rames leur donnait une grande adaptabilité, pour des raids fluviaux, comme pour de lointaines expéditions sur les océans. Cette combinaison était le secret du navire Viking.

Un point notable est aussi l’absence d’abri à bord des Drakkars. Ces bateaux étaient des barques géantes, sans cabine, ni cale ! 

Les Drakkars avaient trois défauts.

Ils n’étaient pas hauts sur l’eau et il fallait savoir écoper sec, comme en témoigne la présence de nombreuses écopes retrouvées à côté de vestiges archéologiques de Drakkars.

Ils remontaient assez mal au vent, contraignant les vikings à la patience et à supporter de longs temps d’attente, avant que de lever l’ancre.

Les voiles carrées étaient efficaces en vent arrière, mais étaient plus compliquées à manœuvrer vent de travers.

Une expérience a été menée par le Musée de Roskilde et montre que les Vikings pouvaient avancer en zigzagant contre le vent en tirant des bords. 

Un Drakkar a ainsi été capable de faire trente milles nautiques en 24 heures, ce qui prouve que même sans aller vite, les Drakkars ne reculaient pas.

Enfin, ils n’étaient pas pontés. 

Des tentes étaient parfois dressées pour se protéger de la pluie, mais le confort s’arrêtait là. 

Aucune protection contre le froid, la pluie ou les embruns.

Il fallait à ces hommes une énergie rare pour supporter les conditions du voyage, les tempêtes, les privations et arriver sur une côte inconnue et plutôt hostile à priori.

Les pertes de navire devaient être importantes : songer à une traversée de la Norvège vers l’Angleterre. 

Vous ne connaissez pas la météo.

Vous ne saviez pas à quel moment vous abordiez le rivage ni où.

Vous pouviez très bien vous retrouver en pleine nuit et en pleine tempête à aborder une côte très hostile et déchiquetée et naturellement, sans phare pour vous signaler un port.

Faire de grandes traversées, devait être extrêmement éprouvant, dangereux, et ne pouvait être accompli que par des hommes jeunes, téméraires et disciplinés, mus par l’esprit de conquête.

Le résultat était une merveille de puissance et de navigabilité, quoiqu’un peu spartiate.